Andro Wekua

Untitled, 2010–2011

© Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque, © D.R

Mannequin de cire et structure aluminium et bois

118 × 83 × 57 cm  (statue)

Français

TITRE DE TRAVAIL


Exposition de Robert Schlicht & Romana Schmalisch

27.01.18 – 26.08.18

Vernissage le samedi 27 janvier à 17h


Dans le cadre de son année de programmation consacrée au

« Travail »*, le Frac Grand Large est heureux d’accueillir l’exposition de Robert Schlicht et Romana Schmalisch intitulée « Titre de travail ».
Cette exposition présente leur nouvelle installation filmique réalisée en partenariat avec Spectres Productions et Pictanovo, dans le cadre d’une résidence avec le Château Coquelle et l’Ecole d’art du Nord-Pas de Calais – Site de Dunkerque.

 

Après avoir étudié la « chorégraphie du travail » et les convergences entre la danse moderne et la gestuelle rationalisée des usines, les deux artistes Romana Schmalisch et Robert Schlicht examinent la manière dont nous sommes formés pour le marché du travail. Partant de recherches dans des agences pour l’emploi et des centres de formation, ils inventent une institution destinée à produire des travailleurs génériques. Dans un futur indéterminé, des stagiaires doivent passer des tests physiques et psychologiques pour obtenir le droit de travailler.

 

Entre science-fiction et documentaire, le court-métrage « Top/Down » – tourné dans le Belvédère du Frac–  montre trois managers discutant des nouvelles stratégies de management. Leurs mots créent un monde ou plutôt une perspective sur un monde dont ils tirent les ficelles. Ils sont les ingénieurs d’une structure où les êtres humains sont considérés comme de simples ressources humaines et leurs désirs, leur créativité, leur subjectivité comme les moyens les plus efficaces d’améliorer leur force de travail. Alors qu’ils tiennent pour acquis leur emprise sur la société, les managers sont eux-mêmes liés par un jeu de relations de pouvoir. Dans leur maison de verre, ils agissent comme dans un huis-clos, suivant leur propre logique, où la ligne entre réalité et illusions devient progressivement floue.

 

Avec ce film au centre, l’exposition présente des éléments tirés de cet univers de travail que le visiteur peut assembler pour mettre en perspective les conditions contemporaines du travail. L’exposition commence avec le texte accrocheur du storytelling de l’entreprise. Divers attributs esthétiques incluent des accessoires cinématographiques pour les exercices de formation, du mobilier utilitaire et un choix de toiles ornant les murs. L’espace apparaît comme une scène de film vidée de ses travailleurs et les objets y exercent de nouvelles fonctions. La froide distanciation voulue par l’exposition se colore d’une veine absurde et parfois grotesque, reportant l’attention vers les rouages du système. Détournant les codes de l’entreprise mais aussi les œuvres de la collection du Frac Grand Large, les artistes s’adressent à vous qui participez à cette fiction et à cette réalité.

 

Ce projet fait suite à la résidence des artistes aux Laboratoires d’Aubervilliers (2013-14) et à leur recherche intitulée « La chorégraphie du travail ».

 

 



* Le Frac Grand Large – Hauts-de-France inaugure en 2018 une année de programmation consacrée au travail. Trois expositions seront l’occasion de regards inédits la collec tion art et design, des années 1960 à nos jours, au carrefour de l’art et des sciences humaines.

À venir :


– « Tubologie — Nos vies dans les tubes » (commissaires : KVM – Ju Huyn Lee et Ludovic Burel) à partir du 21 avril.
À travers la figure du « travailleur horizontal », l’exposition propose une lecture inédite des œuvres de la collection du Frac Grand Large, des années 1960 à nos jours.


– « Que fut 1848 ? » (commissaire associé Arnaud Dejeammes) à partir du 22 septembre. Partant de l’œuvre de Liam Gillick dans la collection du Frac Grand Large, cette exposition historique et artistique se construit en partenariat avec différents partenaires régionaux.

 


 

PROJECTION du film « L’USINE DE RIEN » DE PEDRO PINHO AU STUDIO 43

 

Dimanche 28 janvier à 16h

 

En écho à l’exposition « Titre de travail » de Robert Schlicht & Romana Schmalisch, le film L’usine de rien est une réflexion sur l’emploi, un « film tract », à la fois documentaire à chaud et fiction bouillonnante, essai politique et comédie syndicale. Cet ovni portugais a été l’une des grandes découvertes du 70e Festival de Cannes.

Une nuit, des travailleurs surprennent la  direction en train de vider leur usine de ses machines. Ils comprennent qu’elle est en cours de démantèlement et qu’ils vont bientôt être licenciés. Pour empêcher la délocalisation de la production, ils décident d’occuper les lieux. À leur grande surprise, la direction se volatilise laissant au collectif toute la place pour imaginer de nouvelles façons de travailler dans un système où la crise est devenue le modèle de gouvernement dominant.