Andro Wekua

Untitled, 2010–2011

© Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque, © D.R

Mannequin de cire et structure aluminium et bois

118 × 83 × 57 cm  (statue)

Français

PANORAMA 19 — ÉCHOS DUNKERQUOIS


EXPOSITION D'UNE SÉLECTION DE FILMS

23.09.17 – 31.12.17

Vernissage le samedi 23 septembre à 17h


Après le succès des jeunes artistes sortis du Fresnoy au cours des 20 dernières années, Anri Sala, Laurent Grasso, Maïder Fortuné, Laurent Pernot, Laura Henno, Neïl Beloufa, Mohamed Bourouissa, Fabien Giraud, Hicham Berrada, Enrique Ramirez, kapwani kiwanga, Clément Cogitore,   et bien d’autres encore, Panorama sera l’occasion pour le public et pour les professionnels de découvrir les figures émergentes de la scène artistique nationale et internationale.
Pas moins de cinquante-deux œuvres inédites seront dévoilées lors de ce « rendez-vous annuel de la création » – films, installations, photographies, performances – consacré aux jeunes artistes et artistes professeurs invités du Fresnoy. Le Frac Grand Large a invité le Fresnoy  à présenter une sélection de films  inédits.

 

Les artistes

  • Annabelle Amoros, Area 51 . Nevada .US  (15 minutes)

Area 51, Nevada, USA est un film qui explore les alentours de la zone 51 (Area 51) aux États-Unis, dans le désert du Nevada. Cette zone militaire est lourdement gardée, protégée et surveillée par l’armée américaine. Personne ne peut y accéder, pas même les avions ou les satellites, qui ont interdiction de la survoler. Pour éviter toute intrusion, cette zone a été élargie en intégrant les montagnes qui l’entourent ; elles forment une frontière naturelle impossible à franchir. On peut cependant voir de temps en temps des lumières étranges et anormales s’en échapper, mais aussi entendre des bruits d’explosion au loin.
Ces indices, familiers aux habitants, mais si étranges aux yeux des touristes, laissent supposer que des activités secrètes s’y déroulent. Qu’il s’agisse d’expérimentations liées aux technologies militaires ou à la présence extraterrestre, les activités de la zone et l’impossibilité de voir et de savoir ce qu’il s’y passe livre l’imaginaire collectif à de multiples fantasmes.
Ce film reste en retrait de tout témoignage et de toute hypothèse et nous invite en tant que spectateurs à visiter
un espace dans lequel nous entendons des sons étranges hors-champ. Nous croisons également des personnages témoins d’une chose que nous ignorons et que nous ne cessons de chercher.

 

  • Raphaël Botiveau coécrit avec Hélène Baillot, London Calling (16 minutes)

« Voir ailleurs, pouvoir ici » écrivait l’anthropologue du politique Georges Balandier, récemment disparu, pour définir sa discipline. C’est un détour par l’histoire et le cinéma que l’on propose dans London Calling, pour mieux aborder le présent surmédiatisé de la « crise des migrants ». Co-écrit avec Hélène Baillot (Université Paris 1), le film met en scène un groupe d’acteurs amateurs, anciens habitants de la « Jungle de Calais », qui incarnent Jean-Paul Belmondo et ses acolytes de Week-end à Zuydcoote. Réalisé par Henri Verneuil en 1964, ce film décrit les errances d’un groupe de soldats français cherchant à s’embarquer pour l’Angleterre, en plein cœur de la « Poche de Dunkerque » au printemps 1940. De cette mise en relation du présent, noyé dans l’actualité, et d’un épisode historique majeur mais négligé, naît un rappel de l’horizon des possibles. Le sort de quelques milliers de personnes coincées entre l’Europe et l’Angleterre semble aujourd’hui, en temps de paix, un problème insurmontable. Il y a près de 80 ans, piégés à Dunkerque par l’avancée des troupes nazies, ce ne sont pas moins de 340.000 hommes que Britanniques et Français parvinrent à faire traverser et à sauver en 9 jours. Confronter le présent à l’histoire ne peut ainsi se résumer au vœu pieux du « plus jamais ça » ; c’est aussi se rappeler de ce dont nous fûmes un jour capables, ensemble, contre vents et marées. Cet « Esprit de Dunkerque », aujourd’hui oublié, fut pourtant longtemps célébré Outre-Manche comme un moment décisif de résistance et d’abnégation collective face à l’adversité.

 
  • Shirley Bruno, An excavation of us (11.11s  minutes)

1791, première année de la Révolution haïtienne.
À l’intérieur d’une grotte, en noir et blanc, les ombres de l’armée napoléonnienne tombent sur un bateau, et se déplacent dans les différentes chambres sombres et texturées où l’eau luisante est éclairée par leurs lampes. L’armée française est attirée dans la grotte mystérieuse appelée, d’après la légende, Marie Jeanne du nom d’une femme soldat. Elle doit trouver un moyen de les capturer pour ce qui deviendra la révolution des esclaves la plus réussie de l’Histoire. Ce film traite de la manière dont l’Histoire pourtant insaisissable et changeante en fonction de la perception – est inextricablement liée entre un lieu, l’Histoire,
et le mythe. C’est la persistance de la mémoire et de l’expérience, pénétrées, consommées, puis capturées sur le corps collectif. C’est également un film pour se confronter à la culture banale de l’oubli collectif, un moyen de contempler les traumas de mes ancêtres endurés et écrits sur mon propre corps. C’est aussi une invitation à d’autres peuples, une histoire sur nous tous… Un moyen de contempler les péchés endurés et écrits pour ceux qui oublient. Puisque l’Histoire oubliée est une Histoire répétée.

 
 
  • Hugo Deverchère, Cosmorama (23 minutes)

Cosmorama observe le monde tel qu’il ne nous apparaît pas. Composé d’un film et d’une série de cyanotypes qui, l’un et l’autre, rendent visible une strate inaccessible du spectre lumineux, il interroge nos perceptions, nos représentations et tente de réintroduire les notions d’inconnu, d’incertitude et d’étonnement dans notre rapport au monde. Tourné aux abords d’un observatoire, dans un désert de lave (où la Nasa a récemment testé ses véhicules martiens) mais aussi dans une forêt qui témoigne de l’état de notre continent il y a 50 millions d’années, le film utilise un procédé d’imagerie infrarouge avec lequel les astronomes observent habituellement des objets du « ciel profond » tels que planètes, nébuleuses et trous noirs situés en dehors de notre galaxie : l’espace filmique recompose un microcosme. On y entend des sonorités elles aussi imperceptibles, qu’il s’agisse de la transposition du rayonnement de corps célestes dans le domaine audible ou de la captation des vibrations qui traversent certains des éléments filmés. Le but est de réunir les conditions d’une expérience sensible et collective de la désorientation, du bouleversement des échelles spatiales et temporelles.

 

  • Ewan Golder, Binary love (12, 49 s minutes)

Un événement, une histoire vous touche profondément, définit qui vous êtes, vous secoue au plus profond de vous-même, votre moi secret, vos peurs et vos rêves, vos failles, numérisés et copiés un million de fois.
Ce ne sont plus les vôtres. Nos mois secrets, les rythmes étranges de nos subconscients, cachés à nous-mêmes, gravés sur un disque dur quelque part au Groenland. Vos rêves traversent la stratosphère et, avec cette vibration familière, coulent dans ma vie grâce à un appareil portatif. Chaque demi-pensée élaborée, chaque demi-remarque énoncée absorbées par la stratosphère.
Un mystère intangible de l’esprit qui vibre dans ma main. Téléchargé directement des cieux. Nous déambulons librement dans cette aire de jeux numérique, mais nous sommes consommés et enregistrés par la machine sans visage, omniprésente, rassemblés et marqués comme du bétail avec une efficacité implacable.
Chaque aventure commence par une connexion Wi-fi. Mais où allons-nous ? Est-ce que cela a une importance ? Où est notre disque narratif ? N’importe où tant que l’on se distrait de notre obsolescence programmée.
Nos mois secrets se déplacent à travers les circuits
d’un million de microprocesseurs qui travaillent sans relâche – calculant, multipliant, totalement indifférents à leurs créateurs incompréhensibles. Et nous à la surface, tas paresseux, fier et libidineux de chair inadaptée et d’émotions incompréhensibles, cherchons maladroitement une connexion. L’amour binaire. Le blues algorithmique. Un amour convulsif, brûlant et vrombissant comme un disque dur qui surchauffe et corrompt vos sens.
Si nous pouvions seulement trouver une connexion, nous enhardir face à cette avalanche de déchets numériques, nous aider à pénétrer la jungle pour nous retrouver, nous trouver les uns les autres, briser l’avatar dans l’avatar dans l’avatar, pour te trouver dans ta forme de donnée la plus pure, algorithme glorieux d’une beauté incompréhensible. Partager mon disque avec toi, laisser nos flux de données fusionner, et quoi que tu fasses, ne jamais nous déconnecter.

 

 


PANORAMA 19 AU FRESNOY
Commissaire : Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo
 

L’exposition sera visible au Fresnoy – Studio national des arts contemporains du 23 septembre au 31 décembre.

Vernissage le 22 septembre.

LE FRESNOY

22 rue du Fresnoy

59200 Tourcoing

www.lefresnoy.net


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