Andro Wekua

Untitled, 2010–2011

© Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque, © D.R

Mannequin de cire et structure aluminium et bois

118 × 83 × 57 cm  (statue)

Français

MICHEL VANDEN EECKHOUDT


Exposition hommage à l'artiste belge décédé en 2015

28.01.17 – 30.04.17

Vernissage le samedi 28 janvier 2017 à 17h

Frac Nord-Pas de Calais


Commissariat : Keren Detton
Scénographie : Mary van Eupen


 

« La photo, c’est très simple. Ou bien on a vu, ou bien on n’a pas vu. »
Michel Vanden Eeckhoudt cité par
Jean-Marie Wynants
(Le Soir, 28 mars 2015).

 

L’exposition consacrée à Michel Vanden Eeckhoudt rend hommage au photographe belge décédé en 2015, dont le Frac possède un ensemble de photographies acquis dès 1983. Cette rétrospective peuplée d’hommes et d’animaux est celle d’un photographe à l’esprit vif, plein d’humour, qui saisissait l’importance de l’instant dans un rapport très direct au réel et à sa dramaturgie.

 

À Dunkerque, le Frac Nord-Pas de Calais réunit plus d’une soixantaine de photographies noir et blanc, mettant l’accent sur les représentations troublantes d’animaux, qui ont fait sa réputation. Dans la rue intérieure, figure une douzaine de photographies réalisées à Calais dans le cadre de sa longue collaboration avec la scène nationale Le Channel (2001-2013). Parallèlement, la série Zoologie, qui appartient à la collection du Frac, sera présentée dans différents lieux partenaires en région, de Calais à Cassel en passant par Bourbourg.

 

Né en 1947 à Bruxelles, Michel Vanden Eeckhoudt a toujours été fidèle à la photographie argentique noir et blanc. Issu de la tradition documentaire, il collabore régulièrement avec la presse et publie son premier livre en 1978, Chroniques immigrées. De 1980 à 1984, il enseigne la photographie à l’école régionale des beaux-arts de Lille et rencontre Robert Delpire, qui publie plusieurs de ses ouvrages, dont Zoologies, en 1982, exposé à l’ICP à New York. En 1986, il co-fonde l’agence Vu à Paris, à laquelle il restera toujours attaché.

Tout au long de sa carrière, il publie une douzaine d’ouvrages consacrés notamment aux animaux – en particulier les chiens –, à la géographie humaine, dont la série sur la frontière franco-belge commanditée par le Centre régional de la photographie Nord-Pas de Calais, et à la représentation des travailleurs. Il observe ses sujets d’un regard curieux, renforçant certains détails par le cadrage ou jouant des contrastes, pour accentuer le caractère étrange, drôle et parfois mélancolique de ses images. En 2006, Actes Sud lui consacre un Photo Poche (n°110), dont le travail éditorial met de côté la chronologie. « J’aime bien que les images posent question, expliquait-il, qu’elles fassent réfléchir. C’est pour cela que je limite les légendes au strict minimum. Si on donne trop de détails, cela risque de rétrécir le chemin offert au regardeur. Une certaine dose d’ambiguïté, ça me plaît. L’humour et la douleur, la légèreté et l’angoisse : ces deux facettes sont toujours présentes dans mon travail. »

 

C’est selon un même principe d’assemblage que l’exposition du Frac Nord-Pas de Calais a été conçue. La scénographie a été confiée à sa compagne, Mary van Eupen. Elle privilégie les séquences et rythme le regard, avec des images réalisées parfois à plus d’une trentaine d’années d’intervalle. Au cours de ses nombreux voyages, Michel Vanden Eeckhoudt saisissait l’étrangeté du quotidien et l’immédiateté de l’instant, il dressait ainsi le portrait de paysages habités, pas toujours très gais. Il se plaisait également à découvrir de nouveaux jardins zoologiques, dans lesquels il faisait face à des animaux en captivité. Certains soutiennent notre regard comme d’autres font transparaître une tristesse, d’une humanité débordante. À travers ses images, prises avec une grande économie de moyens à l’aide de son appareil argentique Leica, il traite la question de l’enfermement et du rapport à l’autre.

 

« Les qualités des choses et des hommes s’échangent et permutent ; c’est la pierre qui frémit et l’homme qui s’immobilise, ce sont les animaux qui veillent et les hommes qui rêvent ; ce sont, aux murs, des dessins, des formes, des taches énonçant une langue qui semble déchiffrable. Monde allègrement tragique, où les figures muettes pensent tout haut, vagues scintillantes, reflets, visages dans des miroirs, mains ouvertes, ombres cachées, vitres, vent, lumière. » (Danielle Sallenave, Duo, Nathan/Delpire, 2000).

 

Les photographies 100×150 ont été tirées par Jean-Pierre Bauduin à Bruxelles.


– Rencontre avec Claude Courtecuisse
Jeudi 30 mars à 18h30
Cette exposition a été conçue avec la complicité de Claude Courtecuisse, designer, membre du tout premier Comité technique d’acquisitions du Frac Nord-Pas de Calais et ami du photographe. Leurs échanges intenses ont influencé nombre de propositions d’acquisitions du Frac, en particulier les séries d’Henri Cartier Bresson, de Lee Friedlander, de Richard Kalvar ou encore de Joseph Koudelka. Claude Courtecuisse porpose ensuite une visite et un regard tout personnel sur l’exposition.

 


– Un nouvel espace en continu : Le Bureau de la collection
En contrepoint de l’exposition, le Bureau de la collection est un espace ressource où les visiteurs peuvent accéder sur catalogue et en ligne à l’histoire de la collection du Frac Nord-Pas de Calais et découvrir la place qu’y occupe Michel Vanden Eeckhoudt.


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