Andro Wekua

Untitled, 2010–2011

© Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque, © D.R

Mannequin de cire et structure aluminium et bois

118 × 83 × 57 cm  (statue)

Français

LA QUADRATURE DU CERCLE


Commissaire : Richard Leydier

24.09.16 – 31.12.16, Du mercredi au dimanche de 12h à 18h

Vernissage le samedi 24 septembre à 17h

FRAC/AP2


Avec : Stéphane Calais, Hans Haacke, Richard Long, François Morellet, Olivier Mosset, Aurélie Nemours, Présence Panchounette, Julien Prévieux, Niele Toroni, Joëlle Tuerlinckx, Michel Verjux

 

Évoquant l’énigme mathématique réputée insoluble, l’exposition réunit des œuvres du Frac Nord-Pas de Calais et du LAAC de Dunkerque. Réalisées au cours des trente dernières années, elles déclinent toutes, selon des modalités diverses, les motifs du cercle et du carré ; en ce sens, elles se révèlent les héritières – pas toujours dociles – d’une modernité géométrique et radicale.

 


 

 

Depuis l’Antiquité, s’affrontent dans la création artistique deux forces antagonistes. La première puise au fond de l’inconscient des formes organiques, relevant volontiers de l’informe, en prise avec une nature qui a horreur du vide. La seconde s’appuie davantage sur la raison et la géométrie, elle entend soumettre le monde aux lois mathématiques. Combat entre poussinistes et rubénistes autour du dessin et de la couleur, pureté néoclassique contre sublime romantique, abstraction contre figuration, minimalisme contre néo-expressionnisme… nombreux sont les débats, dans l’histoire de l’art, où cet affrontement s’inscrit en filigranes.

 

Fortement nourri de rationalisme – parfois jusqu’à la déraison –, l’art du 20e siècle est en grande partie géométrique. Le cercle et le carré y sont omniprésents, que l’on songe aux mouvements De Stijl, du Bauhaus, d’Abstraction-Création et de l’Art concret ou, plus encore, à la fin des années 1920, à l’éphémère association et revue Cercle et carré, qui compte dans ses rangs des personnalités aussi importantes que Piet Mondrian, Fernand Léger, le Corbusier ou Walter Gropius. Une célèbre exposition, intitulée Op Losse Schroeven (Des Chevilles rondes dans des trous carrés), confronte en 1969 au Stedelijk Museum (Amsterdam) des créations minimales et conceptuelles aux œuvres de l’Arte Povera. Évoquant sans doute la Quadrature du cercle, énigme mathématique réputée insoluble, l’idée d’introduire des chevilles rondes dans des trous carrés signifie peut-être malicieusement que l’antagonisme informe/géométrique n’est finalement pas si opérant.

 

La présente exposition réunit quelques œuvres du FRAC Nord-Pas de Calais et du LAAC, réalisées au cours des trente dernières années, qui toutes déclinent, selon des modalités diverses, les motifs du cercle et du carré ; en ce sens, elles se révèlent les héritières – pas toujours dociles – d’une modernité géométrique et radicale. La Quadrature du cercle est l’occasion d’exposer de grands ensembles de Niele Toroni et d’Olivier Mosset, membres historiques du groupe BMPT (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni), mais aussi un beau Cercle de pierre de Richard Long. Les œuvres d’artistes de générations plus récentes, comme Michel Verjux, Stéphane Calais ou Julien Prévieux, introduisent quant à elles une note moins sévère et plus ludique. Tandis que le discobole lanceur d’assiettes de Présence Panchounette nous ramène impertinemment à l’Antiquité, dispensant quelques citations d’auteurs célèbres sur l’art. La pureté des volumes platoniciens apparait ici contaminée par le kitsch.

 

Richard Leydier.