Andro Wekua

Untitled, 2010–2011

© Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque, © D.R

Mannequin de cire et structure aluminium et bois

118 × 83 × 57 cm  (statue)

Français

PARADIS PERDU

Boris Mikhailov, What does a photographer need in order to take a photograph of a woman in a green field ?, 1999.
©DR


Oeuvres de la collection du Frac nord-Pas de calais, de l’artiste Alain Declercq, de la Galerie Mercier et associés, et du Centre national des arts plastiques

26.09.15 – 03.01.16, du mercredi au dimanche de 12h00 à 18h00

Vernissage le 26 septembre à 17h00

Frac/AP2


L’exposition “Paradis perdu” présente quelques œuvres de la collection du Frac Nord-Pas de Calais, tous médiums et époques confondus. Ces œuvres sont « relues » à partir du “Paradis perdu (Paradise Lost)” de John Milton, chef-d’œuvre de la littérature britannique du 17ème siècle. Ce long poème en prose raconte la chute des anges rebelles et la manière dont leur chef Satan/Lucifer entreprend de venger l’affront qui leur a été fait : en pervertissant un nouveau monde créé par dieu, et habité d’une nouvelle créature, l’Homme. Le Paradis perdu est un texte riche en ressorts psychologiques, par moment très théâtral et cinématographique. Il déploie des visions totalement novatrices pour l’époque – il faut imaginer Milton, aveugle comme Homère, décrivant à sa fille les mondes célestes parcourus par l’ange déchu. Quoique moins célèbre, ce livre se révèle aussi visionnaire que la Divine comédie de Dante. Chaque œuvre se voit associer un extrait du texte de Milton, dont la lecture apporte un éclairage quelque peu décalé sur l’œuvre, afin de lui « faire dire » des choses, de dévoiler une dimension qui n’étaient pas forcément visibles au premier abord. le détournement, les collisions entre les citations et les œuvres se révèlent ainsi pleins de sens et d’humour ; ils génèrent une réflexion au-delà du texte et de l’image proprement dits. “Paradis perdu” exhume des réserves des œuvres peu exposées (Helmut Middendorf, Jan Fabre, Paul Hemery, Dominique Grisor), qui sont ici confrontées à une acquisition récente, inédite et monumentale. Une étrange figure d’Andro Wekua se tient ainsi au centre de l’espace, comme si l’ensemble de l’exposition matérialisait ses pensées mélancoliques. Par ailleurs, les œuvres de deux « invités spéciaux » figurent aux côtés des collections du Frac. D’une part, Guidette Carbonell (1910-2008), dont les tapisseries et céramiques, pour le coup totalement « paradisiaques », font depuis quelques années l’objet d’une redécouverte en raison de leur beauté et de leur étrangeté. Alain Declercq a quant à lui transformé une citerne de poids lourd en un véhicule pour clandestins, équipé de sièges d’autocar. Intitulée “My Home is a Castle II”, cette œuvre constitue une forme de purgatoire pour les damnés échoués sur toutes sortes de frontières. — RENCONTRE AVEC LE COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION > Jeudi 15 octobre à 18h30. Gratuit. — Artistes : Yto Barrada, Guidette Carbonell, Leo Copers, Alain Declercq, Jan Fabre, Dominique Grisor, Pascal Haudressy, Paul Hemery, Sarah Jones, Judy Linn, Stéphane Magnin, Teresa Margolles, Philippe Meste, Helmut Middendorf, Boris Mikhailov, Nils-Udo, Philippe Ramette, Tobjorn Rodland, Allan Sekula, Bruno Serralongue, Andro Wekua